3 faits étonnants sur les lémuriens

Avec sa réputation de « paradis des naturalistes », Madagascar est doté d’une biodiversité incroyable, remarquable à l’échelle mondiale. Séparée il y a 165 millions d’années du vaste continent Gondwana, l’île a évolué comme hors du temps, en vase clos. Aujourd’hui son taux d’endémicité est très élevé : environ 80% des espèces animales et 90% de la végétation n’existent que sur l’île ! Les Lémuriens, endémiques de Madagascar, en sont le parfait exemple.

1) Le chant de l’Indri (Propithecus diadema)

Surnommé babakoto par les Malgaches (qui signifierait « l’homme de la forêt »), ce primate est le plus grand des prosimiens actuels (voir commencez ici) et l’un des chanteurs les plus remarquables du monde animal. Ce lémurien monogame pousse des cris territoriaux qui ressemblent à de longues plaintes puissantes et harmonieuses, qui peuvent s’entendre à 4km à la ronde et qui donnent diverses informations sur le territoire, l’âge, le sexe, ou encore la capacité de reproduction de l’auteur du chant. Les groupes chantent à l’unisson pour faire écho aux chants d’un ou de plusieurs autres voisins.

Indri Indri
Indri Indri, source : Flickr

 

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2) Les messages odorants des Maki Catta

Saviez-vous que le plus célèbre des lémuriens organisaient sa vie en fonction…des odeurs ? Les territoires (allant de 6 à 20 hectares et plus) de ces animaux aux queues rayées sont jalousement gardés et délimités par les maki-cattas grâce à de multiples marques odoriférantes appliquées sur les arbres et les branches à l’aide de glandes situées la face inférieure des avant-bras et au niveau des organes génitaux. Les odeurs sont également très importantes au moment de la saison de reproduction : les mâles se livrent à des batailles de boules puantes en agitant frénétiquement leur queue enduite d’odeurs provenant des glandes situées sur les avant-bras.

Le maki-catta est réputé pour la position qu’il prend souvent, que l’on assimile à de la méditation. Dans cette posture, bras écartés, le lémurien réchauffe ses glandes odorantes les stimulant pour mieux pouvoir déposer ses odeurs par la suite.

Maki Catta
Maki Catta, source : Flickr

 

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3) Le doigt hypertrophié de l’Aye-Aye

L’aye-aye, sûrement le plus étrange de tous les lémuriens se déplace uniquement la nuit au cœur de la grande forêt malgache.

Insectivore (et frugivore), l’aye-aye déchiquète les couches supérieures des troncs grâce à ses incisives spécialisées extrêmement développées puis, à l’aide de son 3ème doigt hypertrophié, il accède à des nourritures cachées comme des larves xylophages dans le bois. Ce doigt très fin, articulé, long et flexible, est utilisé avant tout comme un organe sensoriel. Quand il trouve un œuf, l’aye-aye peut le transporter sans le briser en le tenant dans sa bouche derrière ses incisives. Avec ses dernières il perce l’œuf et son long doigt sert à le vider.

Cet animal tient une place très particulière dans l’esprit des locaux et est souvent vu comme un animal maléfique.

Aye aye
Aye aye, source : Wikimedia commons

Découvrez comment l’aye-aye se nourrit grâce à son doigt hypertrophié et ses incisives pointues !

Vous souhaitez aider les lémuriens en danger d’extinction à Madagascar ? Alors découvrez l’association l’Homme et l’Environnement qui œuvre pour leur protection !