Comment l’Homme et l’Environnement protège les lémuriens à Madagascar

Le corridor forestier de l’Est de Madagascar abrite 1/3 des espèces de primates de la planète, et la petite forêt de Vohimana est une des zones les plus riche au monde en espèces endémiques.

Sur seulement 600 hectares, abrite deux fois plus d’espèces d’amphibiens que toute l’Europe réunie (!) et 13 espèces de lémuriens dont 3 grands lémuriens diurnes.

Grâce au programme RAJAKO, l’ONG l’Homme et l’Environnement a conçu en 2017 un programme de conservation dans la forêt humide de Vohimana.

L’objectif de l’association ? Permettre le développement des populations locales en parallèle à la préservation des habitats forestiers qui permet d’envisager sa conservation durable.

Cartographie de la forêt primaire de la réserve de Vohimana
Crédits photos : L’Homme et l’EnvironnementPour cela l’Homme et l’Environnement a agit en 2017 sur plusieurs actions en parallèle :

1) Le maintien des actions de prévention et de contrôle forestier

Victime de sa richesse, la forêt de Vohimana est soumise aujourd’hui à une surexploitation forestière ainsi qu’à de la culture sur brûlis qui sont en constante progression, lien direct avec la croissance démographique.

Aidée par une brigade spéciale de protection qui fait appliquer la convention coutumière locale (le DINA) l’association l’Homme et l’Environnement a effectué des actions de contrôle forestier et de sensibilisation sur les 6 hameaux environnants du site.

2) L’amélioration de la connaissance de la biodiversité

Pour cela, l’association a construit plusieurs plans d’action :

  • la mise en place de partenariats scientifiques avec des écoles de France. Les étudiants et chercheurs qui sont venus sur place ont réalisé des inventaires de la faune de la forêt.
  • la mise en place d’un suivi participatif communautaire : les communautés locales ont été impliquées pour le suivi d’espèces végétales menacées indispensables aux lémuriens et au suivi des lémuriens. Ainsi sur les 31 sorties réalisées les communautés locales ont observé 51 lémuriens d’espèces variées : Cheirogaleus major, Eulemus rubriventer, Indri indri ou encore le Propithecus diadema.
  • la formation et le renforcement des guides locaux et l’état des lieux de la forêt primaire. Le noyau dur de la forêt primaire représente 85% de la superficie totale de la forêt primaire et les forêts périphériques localisées au nord et à l’ouest en représentent 15%. Or pour que l’écosystème forestier de la réserve de Vohimana persiste sur le moyen et long terme, il faut que la fonctionnalité écologique du milieu et de ses continuités soient assurées.
l’Indri (Indri indri)
Crédits photos : FNH
La maki vari noir et blanc (Varecia variegata)
Crédits photos : FNH
Le propithèque à diadème (propithecus diadema)
Crédit photo : FNH

3) Production de plants pour la reforestation

En juin 2017,  plus de 3000 jeunes plants ont pu être plantés sur des zones dégradées de la forêt de Vohimana, comprenant par exemple 925 plants de l’Hazombary ou encore 722 Samata. Le suivi de la parcelle l’association a observé que 90% des plants avaient survécu.

La plante Samata (euphorbia tetraptera)
Crédit photo : theferns.info

4) Action d’éducation environnementale et de formation

L’association réalise des animations de sensibilisation auprès des enfants du village voisin car c’est eux qui seront amenés à gérer cette forêt et ses espèces dans les prochaines années. Une sensibilisation contre le « tavy » (la culture sur brûlis) et la promotion sur la conservation durable des ressources naturelles ont été effectuées en mars 2017.

D’autres journées de formation (au reboisement, à la surveillance, à la gestion de ses déchets) ont été réalisées tout au long de l’année par l’association.

5) Appui à la promotion de moyens de subsistances durables des communautés

L’objectif pour l’ONG est d’une part, faciliter l’accès des communautés aux activités génératrices de revenus à travers le développement de la culture de gingembre écologique, et d’autre part de fournir des services d’appui pour le renforcement de leurs capacités de production agricole (via la formation technique).

Distribution de semences de gingembre crédits photos : L’Homme et l’Environnement

Riche de toutes ses actions en cours, l’Homme et l’Environnement a également de nombreuses perspectives pour 2018.