L’urgence d’agir

Le constat ? 50% des grands singes ont disparu depuis ces cinquante dernières années (source : Sabrina Krief). Or, les primates, en occupant des territoires étendus, constituent ce qu’on appelle des espèces parapluies : leurs modes de vie permettent à eux seuls de profiter à tout un écosystème.

Quelles sont les principales pressions qui pèsent aujourd’hui sur les primates ?

Il en existe de plusieurs natures :
La déforestation : La destruction des forêts tropicales humides expose d’innombrables espèces au risque d’extinction, dont les primates, qui sont directement dépendants de ces lieux de vie. C’est pourquoi la question de conservation des primates ne peut être dissociée de celle de la gestion et de l’avenir des forêts tropicales. On peut citer par exemple la déforestation massive réalisée en Indonésie pour les plantations de palmiers à huile, ou encore les cultures sur brûlis très répandues à Madagascar.

La fragmentation des habitats : liée à la déforestation, la fragmentation des habitats se fait aussi par exemple via la construction de routes qui isolent les populations d’espèces de primates les unes des autres ou encore l’exploitation de mines (ex : minerais rares comme le coltan) qui conduisent à une forte dégradation des milieux.

Le braconnage : Les primates sont malheureusement victimes de braconnage, direct ou indirect. Les chimpanzés sont victimes des pièges posés pour d’autres animaux tels que les antilopes et les potamochères. Les mains ou pieds des chimpanzés peuvent être sérieusement mutilés voire perdus, et les infections qui en résultent peuvent être fatales. Dans certaines zones, près d’un quart des populations de chimpanzés portent des blessures causées par des pièges. Les primates sont également encore consommés en tant que viande de brousse dans plusieurs régions du monde.

Les maladies et épandage de pesticides : du fait de leur proximité génétique avec les Hommes, un certain nombre de maladies sont transmises par les humains et peuvent affecter des populations entières de primates. Ces derniers sont également des victimes des épandages de pesticides à proximité de leurs habitats. Dans certaines zones de production de café ou de thé on retrouve des chimpanzés et des babouins présentant des malformations de la face et des troubles de la reproduction sans doute liées à une exposition directe à des pesticides des cultures humaines environnantes.

Toutes ces pressions pèsent sur l’avenir des primates. Malgré tout, l’évolution des mentalités et de certaines pratiques sont autant de signes d’espoir pour leur survie ainsi que celle de leur environnement. Or préserver l’habitat des primates, c’est préserver toute une biodiversité, dont l’humain fait partie intégrante.